Le chemin des livres
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| Attributs | Valeur |
|---|---|
| Poids | 100 g |
| Dimensions | 18 × 12 cm |
Je ne saurais dire à quel moment le sentiment de la nécessité des livres s’est imposé à moi. Très tôt, dès l’enfance, j’avais aimé éperdument les mots et le refuge de l’imaginaire. Je m’étais inventé des vies, des territoires, en chérissant quelques vocables dont la matière sonore, le chatoiement et le suc me nourrissaient.
Empreint d’une grande sensibilité, émaillé de très belles pages sur la Bretagne et ses paysages, cet autoportrait est avant tout l’hommage d’un écrivain à la littérature…
Un avis pour Le chemin des livres
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Le livre de Philippe Le Guillou, « Le Chemin des livres », paru en 2013, prend racine dans cette enfance et adolescence passées dans le petit village du Faou, à mi-chemin entre Brest et Quimper. Récit après récit, Le Guillou revient sans cesse sur les traces de sa jeunesse.
Philippe Le Guillou a grandi dans la proximité complice de ses deux grands-pères. L’un, Gabriel, parle peu : « Bon, généreux, intimidant, il n’était jamais si heureux que lorsqu’il pouvait s’écarter et lire, qui faisait qu’il n’était plus de la compagnie des vivants ». L’autre, Jean, a le verbe riche, imaginatif, et abondant du conteur : « La faconde de mon grand-père […] n’avait pas de limite. Les récits étaient une sorte de pâte vivante qu’il pétrissait à loisir, sans souci de rigueur ou de vraisemblance. […]. La terre, la nuit, la mort, les eaux […] alimentaient sans fin ses contes de veillée et de mémoire, de crépuscules de novembre quand la porosité avec l’Autre monde se fait totale ». Tous deux ont le don de fasciner très tôt le jeune Philippe qui écoute l’un, observe l’autre. Et tous les deux, à leur manière, vont lui ouvrir les portes d’un imaginaire foisonnant qui ne le quittera plus et contribuera définitivement à bâtir l’univers de ses fictions romanesques.
La richesse verbale et la virtuosité du langage qui, très vite, le ravissent, l’adolescent les trouvera aussi dans la lecture, autant fortuite qu’opportune, de « La Lisière », premier roman de Patrick Grainville, auteur auréolé du Goncourt avec « Les Flamboyants ». Le Maître encouragera par la suite ce jeune admirateur que taraude le désir d’écrire dans la même fécondité et exubérance stylistique.
D’autres figures aimanteront Le Guillou: Malraux, le gaulliste, Gide dont il lit, avec trouble, « L’Immoraliste » et qui confirme « une orientation singulière de goûts dont je ne doutais plus », Proust qui l’a fait pleurer à la fin du « Temps retrouvé », Tournier et ses « Météores ». Et puis, au-dessus de tout, Julien Gracq, « l’incarnation même, érémitique et inaccessible, du classique vivant ». Quand il lit « Un beau ténébreux », il sait que le rythme et la beauté de la phrase gracquienne l’envoûtera à jamais. Enfin les chemins de lecture de Le Guillou passent par la découverte d’une librairie exceptionnelle au cœur de Rennes, «Les Nourritures terrestres», « une sorte de cocon qui m’avait comblé », et qu’il fréquente quand il n’est encore que le khâgneux du lycée Chateaubriand.
En 1983, paraît son premier roman, « L’Inventaire du vitrail », édité au Mercure de France. L’écrivain est né, qui, dès lors, ne cessera de publier. « Au moment d’entrer dans une nouvelle vie, tissée de mots, de titres et de dates, j’acquiesce, de manière intime et secrète, au surgissement d’un signe jailli du Faou et de l’enfance lumineuse » écrit-il pour conclure ce court et beau récit, animé de la puissance inaltérée du souvenir et de l’amour infini des mots.
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