Novembre
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| Attributs | Valeur |
|---|---|
| Poids | 112 g |
| Dimensions | 19 × 12 cm |
| Nombre de pages |
78 |
Novembre
En même temps que le décès de son père, survenu le 17 novembre 2015, Philippe Le Guillou évoque les événements qui, quatre jours auparavant, ont ensanglanté Paris.
Pour lui, cette période noire – miz du – correspond à une plongée dans des temps et un monde d’incertitude et marque le début d’une guerre sournoise et imprévisible.
Un avis pour Novembre
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« Novembre est en Bretagne le mois des ombres et des âmes », écrivait Philippe Le Guillou dans un bel opuscule publié en 2001, « Paris, une porte derrière la Bretagne ». Novembre, mois des morts, fut aussi pour notre romancier finistérien, en 2015, le mois de la disparition de son père, au moment où, dans une sombre concomitance, un cataclysme terroriste, au cœur de la capitale, ébranlait et endeuillait pour longtemps le pays tout entier.
Dans les livres autobiographiques de Philippe Le Guillou, depuis « Les Marées du Faou » jusqu’aux « Géographies de la mémoire », en passant par « L’intimité de la rivière » et « Le passage de l’Aulne », on chercherait en vain la figure du père. Le lecteur coutumier de l’œuvre de Philippe Le Guillou sait que les deux figures tutélaires qui ont régné sur l’univers mémoriel de notre auteur finistérien sont ses deux grands-pères, Gabriel et Jean. Chacun à leur manière, ils lui ont ouvert les portes de son imaginaire et ont contribué définitivement à bâtir l’univers de ses fictions romanesques. Le père, absent des récits nés du petit bourg matriciel du Faou, entre Brest et Quimper, n’appartenait pas au monde de l’imaginaire enfantin de Philippe et de ses sortilèges. Le père intimidait le fils par sa rigueur et son austérité et le jeune garçon se tenait éloigné de cet être plus fait pour l’aridité des comptes (il était inspecteur des impôts) que pour la rêverie. A l’inverse des deux grands-pères « qui se vivaient comme des hommes du XIXè, encore encombrés de légendes et de superstitions », Marcel, le père, homme de chiffres et de raison, calme et droit, fut un acteur du XXè siècle, celui des Trente Glorieuses, pris dans le mouvement du progrès matériel, de l’industrialisation et de l’action. Et Philippe s’est toujours demandé « quel regard il pouvait-porter sur les récits où je me livrais ». La proximité et la complicité pouvaient-elle exister avec cet homme secret ? La douleur du fils, quand le père disparaît, n’en est que plus aiguë. Au seuil du grand passage, Philippe, seul avec son père mourant dans la chambre de l’hôpital de Morlaix, lui tiendra la main, comme il y a longtemps, dans la petite enfance. Il écrira, « dans les larmes », un texte funéraire pour la cérémonie religieuse. Ce fut une lourde épreuve « parce que la moindre formule ravivait des souvenirs et une douleur sans fond ».
« Je n’ai pas suffisamment payé ma dette à mon père parce que ce qu’il m’avait donné était d’un tout autre ordre ». Il n’était pas que cet homme penché continûment sur d’austères tâches administratives. Il était aussi, écrit le fils inconsolable, un être « incarné, vivant, qui aimait se lever tôt pour cueillir des champignons, pêcher des palourdes sur les grèves de Térénez ou la truite dans les rivières qui traversent la forêt du Cranou et la campagne alentour ».
Par ce texte poignant, magnifiquement écrit, Philippe Le Guillou a construit le tombeau d’un père, pris dans la toute fin de sa vie par la dévastation de la maladie, « homme digne, d’une bravoure silencieuse et discrète qui ne baissait pas les bras, ne cédait jamais à la plainte et à la désolation ».
Après les pages déchirantes de « Fleurs de tempête », chant funèbre à sa jeune et chère amie Hélène, tuée elle aussi par un cancer en 2007, Philippe Le Guillou nous donne à lire ici, dans sa brièveté, un deuxième grand et beau texte sur la perte et le deuil.
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